Le drainage assure la protection des parties de construction qui sont enterrées, contre les eaux de ruissellement et d’infiltration, surtout dans les cas de terrains en pente. Grossièrement, il s’agit de faire courir tout autour du bâtiment un tuyau percé placé au fond d’une tranchée et qui aura pour rôle de récupérer et canaliser les eaux de ruissellement vers un exutoire relié au réseau d’eaux pluviales.

Anciennement ces tuyaux étaient en terre cuite ou ciment, mais aujourd’hui on utilise principalement les tuyaux en PVC. Attention il existe plusieurs types de tuyaux à ne pas confondre. Le tuyau qui est utilisé pour les habitations est rigide afin de résister au tassement sous l’effet du poids des remblais. Il contient de petites perforations « en partie supérieure uniquement » permettant à l’eau de s’introduire dans le conduit et d’y rester (d’où l’importance à ce qu’il n’y ait pas de perforations en parties basses du tuyau).

On peut aussi s’aider des couleurs pour repérer le type de tuyau. Les tuyaux jaunes sont des tuyaux agricoles, ils sont à proscrire pour les drainages de maisons. Les tuyaux gris sont des tuyaux d’épandage ou de drainage des routes (à proscrire aussi pour les drainages de maisons). Et enfin, les tuyaux bleus et orange sont ceux qui sont généralement adaptés aux drainages des habitations.

L’idéal restant de faire valider l’installation par un bureau de contrôle agréé.

le DTU 20.1 A précise que le drain doit être composé d’un tuyau avec tube PVC rigide perforé en partie supérieure uniquement.

Tuyau de drainage agricole Tuyau drainage des voiries
Principe du tuyau drainage maisons individuelles

système optidrain

Je vous invite, pour une bonne exécution, à lire l’article et les préconisations de qualiteconstruction.comCliquez ici pour accéder à l’article

 

Rôle du drain

Les problèmes d’infiltration d’eau dans les constructions sont parmi les pathologies les plus récurrentes (env 8% des sinistres en 2016). Le maître d’oeuvre devra donc être très vigilant concernant les mises en oeuvre visant à éviter ces problèmes. Le drainage fait partie des solutions qui peuvent être apportées. Toutefois, selon la configuration du terrain (et même si c’est rare) il sera parfois contre-indiqué de mettre en place un drain périphérique qui pourrait aggraver le problème au lieu de le résoudre. On recourra par ailleurs, dans certain cas, aux techniques de cuvelage pour compléter la protection du drain ou tenter de combler l’absence de ce dernier.


A.2.3 La présence éventuelle d’un drainage

NOTE : Il est difficile d’indiquer les cas où un réseau de drainage est nécessaire. Il s’agit en effet de cas d’espèce. On peut cependant conseiller de drainer chaque fois que le bâtiment est fondé sur une couche peu perméable surmontée par un sol perméable, les eaux de ruissellement peuvent alors venir au contact des murs du sous-sol suffisamment longtemps pour pénétrer dans le bâtiment à travers le mur ou même en cheminant sous la fondation.

Cependant, un réseau de drainage, même le mieux conçu et réalisé, est inutile et même nuisible s’il n’est pas possible d’évacuer d’une manière efficace les eaux collectées. Si cette évacuation ne peut être réalisée de façon satisfaisante, il existe, lorsque le bâtiment est fondé sur un terrain peu perméable, des risques d’accumulation de l’eau, pendant une assez longue durée, le long des murs périphériques. Donc, dans ce cas, non seulement le drainage est inutile, mais encore, quelles que soient les précautions prises pour étancher le mur, l’eau risque d’entrer par le sol. Il y a donc lieu, dans ce cas, de recourir à une solution de cuvelage telle qu’elle est définie par la norme NF DTU 14.1.

Enfin, il peut exister d’autres cas où le drainage est contre-indiqué : se reporter au paragraphe A.4.1.2 «Remarque préliminaire importante».
Si un drainage a été prévu, les indications permettant de faciliter sa conception figurent à l’article A.4.

extrait du DTU 20.1 chapitre A.2.3

 

Exemple de mise en oeuvre d’un drain vue en coupe

Il existe plusieurs modes d’infiltration d’eau à connaitre et retenir. L’eau peut s’infiltrer à travers la paroi, au niveau de la fondation, par remontée capillaire ou par effet de mèche.

Voir aussi cet article du site Mur Tronic qui explique bien la distinction entre remontée capillaire et effet de mèche.

Au-delà des infiltrations d’eau à l’intérieur de la construction, une présence trop importante d’eau aux alentours des fondations peut avoir des répercutions sur le sol d’assise du bâtiment et générer à terme des désordres d’ordre structurel.

 

Mise en oeuvre du drain

La mise en oeuvre des drains est régie par l’annexe A du DTU 20.1.

Généralement, on positionne le drain contre la paroi enterrée en le posant sur la semelle de fondation qui constituera un support rigide pour éviter que le drain ne se tasse (c’est la configuration du dessin de coupe présenté plus haut). Toutefois et pour des raisons diverses, il arrive que l’on positionne le drain un peu plus loin à quelques mètres autour de la maison.

Dans tous les cas il faudra réaliser une tranchée suffisamment profonde.Et les parois enterrées devront être étanchées à l’aide d’un enduit bitumeux. Puis, cet enduit devra être protégé par une nappe protectrice en PEHD (on l’appelle aussi, dans le jargon, « chocolatine » ou « delta MS » en référence à la marque) que l’on arrête en partie haute par un solin qui servira aussi  éventuellement d’arrêt pour les enduits de façades.

Note : Le DTU (et l’Avis Technique n°7/13-1559) recommandent une nappe avec géotextile intégré.

Parfois et selon la configuration, on placera une protection mécanique supplémentaire pour protéger l’étanchéité des dégradations qui pourraient être causées par le mouvement des remblais à proximité.

Ensuite, on place le conduit du drain au fond de la tranchée sur un lit de granulat de 5 à 10 cm d’épaisseur, lui même reposant sur une surface dure ou un lit de mortier, en s’assurant que le revêtement en PEHD vienne s’enrouler sous le drain. Puis on recouvre le conduit de granulat sur une épaisseur minimum de 20 cm.

Enfin on rempli la tranchée de trois à 4 couches de remblais de granulométrie de plus en plus fine. Chaque couche étant emballée dans un géotextile pour les maintenir. La granulométrie progressive est généralement la suivante :

  • On démarre avec des cailloux de dimension entre 20/40 et 30/60
  • Ensuite une couche de gravier 10/20 et/ou 5/15
  • On termine par une couche de sable 0/3

On recouvre ensuite le tout avec de la terre végétale de remblais.

Vue 3D exemples de mise en oeuvre de drains avant remblais

Image source : drainage-des-batiments.com

Quelques explications en vidéo là :

 

 

 

3 réponses à Le drainage.

  • Quelques remarques toutefois :
    – une nappe de protection « simple » (comme le DELTA-MS) ne suffit pas au drainage. Les DTU (et l’Avis Technique n°7/13-1559) recommandent une nappe avec géotextile intégré (de type DELTA-MS DRAIN ou DELTA-TERRAXX). Ces nappes drainantes permettent en outre d’utiliser le « matériau du site » pour effectuer le remblai, sans nécessiter l’opération compliquée du remblai par couches successives.
    – un drain agricole est évidemment à proscrire, mais un drain routier n’est pas toléré par les bureaux de contrôle, celui-ci pouvant être écrasé par le poids du remblai. Il est impératif d’opter pour un drain de couleur orange sous Avis Technique (ici : OPTIDRAIN).

    Ces éléments sont repris dans la Fiche Pathologie de l’AQC suivante : http://www.qualiteconstruction.com/node/1252

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